jeudi 05 janvier 2012
Saint-Etienne retrouve la cathédrale
Patrimoine

Le tableau de Saint-Etienne

Après une absence de trois mois, le tableau central du retable de la cathédrale Saint-Etienne a retrouvé son écrin d’origine le jeudi 22 décembre. Autour de l’Archiprêtre Yannick Casajus s’étaient réunis, afin de célébrer ce retour, le Député-Maire d’Agde, Yvonne Keller, son Adjointe déléguée aux Affaires Culturelles, Christine Antoine, Conseillère Municipale et Vice-Présidente de l’Agglomération en charge de l’action en faveur du Patrimoine et Anne Houles, Adjointe au Maire.

L’Archiprêtre Yannick Casajus a tout d’abord expliqué la symbolique du premier martyr chrétien que fut Saint-Etienne. Dans la ville de Jérusalem, Étienne accomplit en effet des “prodiges et des signes remarquables parmi le peuple”. A la suite d’un débat qui se tient à la synagogue des Affranchis, lieu de culte des descendants de Juifs, et devant l’assemblée, on confronte Étienne à des témoins qui l’accusent de quatre blasphèmes. Il se disculpe au travers d’une rhétorique qui met en cause ses accusateurs et ses juges. Ces derniers se jettent alors sur lui, le traînent hors les murs de Jérusalem et le lapident à mort. Le Père Casajus a ensuite parlé de la joie ressentie à célébrer des offices dans un lieu magnifique, attaché à la culture et où les œuvres picturales ont pratiquement toutes été restaurées et ont retrouvé leur lisibilité d’origine. “La lapidation de Saint-Etienne” est en effet le dernier grand format restauré. Il s’agit d’une copie d’un tableau de Charles Le Brun dont l’original, datant de 1651, se trouve à Notre-Dame de Paris et réalisée par Le Sueur spécialement pour Agde en 1843. La cathédrale, l’un des premiers bâtiments classés Monument Historique en 1840, possédait en effet un retable vide suite aux saccages de la Révolution envers les édifices religieux. Il fut donc décidé par l’Etat d’y remettre une œuvre centrale.

Christine Antoine a parlé plus particulièrement du travail de restauration. “Avec le temps, le vernis avait jauni, entraînant un assombrissement de l’œuvre. Les trous de la partie basse ont été comblés et la structure en bois a été renforcée. Une partie du retable a dû être démontée afin de pouvoir remettre le tableau en place”. Yvonne Keller est revenue, quant à elle, sur l’aspect financier de “ce programme de restauration initié en 2008 concernant les 6 grands formats du chœur. 7 415 euros ont ainsi été investis pour ce seul tableau par la ville, auxquels ajoutent des subventions de la Direction Régionale des Affaires Culturelles et du Conseil Général de l’Hérault. De 2008 à 2011, le patrimoine pictural de la cathédrale aura ainsi bénéficié d’une enveloppe de 34 385 euros”.

Le Député-Maire a pour sa part souligné que “la cathédrale est la maison des Agathois. Elle fait partie de la vie de nombre de nos concitoyens et c’est un lieu familier pour nous tous et en particulier pour moi. En même temps, c’est un lieu prestigieux, c’est un lieu de culture, c’est un lieu qui attire beaucoup de visiteurs, car une cathédrale cela sert aussi à cela, être vue et visitée et il nous est apparu comme un devoir de restaurer tout ce qui peut être mis en valeur dans cet édifice, en fonction également des finances de la commune. Ces restaurations ont été faites au fil des ans et nous allons continuer avec les églises Saint-Sever et Saint-André ou même celle du Grau d’Agde. Chaque année, madame Keller et madame Antoine établissent un programme qui est proposé au Conseil Municipal et nous tâchons de mettre de l’argent public sur ces restaurations car c’est le fleuron de notre patrimoine et de notre histoire. Nous sommes très fiers de ces actions. Je remercie tout particulièrement l’Archiprêtre Yannick Casajus, qui, je le rappelle, fait partie d’une commission départementale qui travaille sur le patrimoine religieux. Nous avons la chance de vous avoir ici et de bénéficier de votre aide afin de mieux cibler les priorités, mais aussi à mieux connaître les œuvres qui sont les nôtres”.